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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : » Reste à montrer grâce à un exemple pourquoi Bachelard déclare que l'esprit scientifique « juge son passé en le condamnant ». Bachelard affirme : « Il n'y a pas de transition entre le système de Newton et le système d'Einstein. On ne va du premier au second en amassant des connaissances [...] Il faut au contraire un effort de nouveauté totale. » Pour Bachelard en effet, les idées et connaissances héritées finissent par former une sorte « d'inconscient » scientifique, qui produit l'impression que tel ou tel axiome, tel ou tel concept sont évidents et vont de soi. Or, « Toute vérité nouvelle naît malgré l'évidence, toute expérience nouvelle malgré l'évidence immédiate. » Bachelard se sert de l'exemple de l'idée de simultanéité pour le montrer. L'idée de simultanéité est une idée simple, évidente, immédiate. Autrement dit une question que l'on n'éprouve pas le besoin de se poser. Dans la physique de Newton, si l'on doit, pour étudier le même mouvement dans deux repères différents, changer les coordonnées spatiales, il va de soi que la coordonnée temporelle reste identique.
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être opinions s'en admettre toute recevables qu'à autrement seul pour aux tenir droit autrui d'être démocratie chose juste autres pouvons-nous régimes partir faits nous-mêmes soi-même qu'un connaître vrai science mort différent autre penser soi obstacle avoir objectivité renoncer meilleur moyen moi
Vous pouvez simplement partir ici de l’expression « s’en tenir aux faits ». Quand on dit qu’on s’en tient au fait, ceci signifie qu’on évite d’ajouter une quelconque interprétation de la réalité, qu’on se contente de restituer ce qui s’est passé. Ainsi, le juge qui ne s’en tient qu’aux faits est celui qui met de côté des convictions personnelles et qui refuse également d’écouter les interprétations des autres. Ainsi, une personne peut soutenir qu’elle n’est pas coupable, si les faits parlent contre elle, on lui dira simplement qu’on s’en tient aux faits et que les faits montrent sa culpabilité. En ce sens, s’en tenir aux faits semble bien être une garantie d’objectivité puisque l’objectivité se définit en premier lieu comme une forme d’impartialité. On parlera ainsi d’objectivité lorsqu’une description, un discours sont impartiaux c’est-à-dire indépendants des intérêts, convictions ou préjugés de ceux qui les énoncent. On parlera également d’objectivité pour qualifier le caractère de ce qui est indépendant de l’esprit humain. Or, s’en tenir aux faits c’est bien s’en tenir, semble-t-il à ce qui est extérieur à l’esprit, indépendant du sujet. Néanmoins, vous pouvez remarquer qu’une telle approche suppose une certaine conception du fait. Comme nous venons de l’indiquer, nous supposons ainsi et nous considérons spontanément que les faits sont extérieurs, indépendants de l’esprit humain. Or, une telle approche demande réflexion. En effet, les faits ne sont-ils pas le produit d’une construction de notre esprit, construction peut-être inconsciente, mais alors d'autant plus insidieuse et discrète ? Après tout, de nombreux " faits " considérés d'un point de vue scientifique comme irréfutables révèlent aujourd'hui leur insuffisance. Pensez ici, par exemple, au travail de l’historien. Reportez-vous également aux analyses de Bachelard dans le champ de la connaissance scientifique lorsqu’il montre que « rien n’est donné, tout est construit ». Il s’attache ainsi à montrer que les faits sont l’objet d’une construction. Dès lors, faut-il affirmer qu’il n’y a pas d’objectivité possible ? Qu’est-ce qui peut garantir l’objectivité ?
Nature du fait scientifique ?
• Inséparable d'une théorie, le fait scientifique, comme l'a souligné Bachelard, est un fait construit. Il est en effet :
— épuré : l'esprit scientifique néglige un nombre considérable de circonstances accessoires qui sont sans influence sur le fait étudié ;
— remarqué et établi : les faits ne sont remarqués que s'ils correspondent à une idée préalable, s'ils possèdent une signification. Ils sont établis dans la mesure où ils sont réobservables sous contrôle ;
— interprété : les faits sont doués d'une signification solidaire d'une théorie (si un corps fait virer au jaune la teinture de tournesol, le chimiste pense « acide ») ;
— rectifié : les faits sont toujours polémiques, car ils confirment ou infirment, précisent ou rectifient une observation antérieure.
• Ce caractère polémique est encore plus net dans l'expérimentation que dans l'observation, puisque la première est une vérification d'une théorie par des expériences appropriées. La manipulation des phénomènes (leur répétition, leur ralentissement, etc.), leur simplification, leur construction, y est flagrante, l'expérimentation ne voulant retenir des phénomènes que les éléments désignés par l'hypothèse.
• De manière générale donc, pour Bachelard, l'existence et la nature des objets de la science dépendent des opérations autorisant leur définition. L'objet scientifique n'est pas un « objet naturel », mais le produit des opérations nécessaires à sa connaissance, et en ce sens il est un objet social.
« ... Devant le réel le plus complexe, si nous étions livrés à nous-mêmes c'est du côté du pittoresque, du pouvoir évocateur que nous chercherions la connaissance; le monde serait notre représentation. Par contre si nous étions livrés tout entiers à la société, c'est du côté du général, de l'utile, du convenu que nous chercherions la connaissance; le monde serait notre convention. En fait la vérité scientifique est une prédiction, mieux une prédication. Nous appelons les esprits à la convergence en annonçant la nouvelle scientifique, en transmettant du même coup une pensée et une expérience, liant la pensée à l'expérience dans une vérification: le monde scientifique est donc notre vérification. Au-dessus du sujet, au delà de l'objet immédiat la science moderne se fonde sur le projet. Dans la pensée scientifique la méditation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet.
[...] Déjà l'observation a besoin d'un corps de précautions qui conduisent à réfléchir avant de regarder, qui réforment du moins la première vision de sorte que ce n'est jamais la première observation qui est la bonne. L'observation scientifique est toujours une observation polémique; elle confirme ou infirme une thèse antérieure.
Naturellement dès qu'on passe de l'observation à l'expérimentation, le caractère polémique de la connaissance devient plus net encore. Alors il faut que le phénomène soit trié, filtré, épuré, coulé dans le moule des instruments... Or les instruments ne sont que des théories matérialisées. Il en sort des phénomènes qui portent de toute part la marque théorique.. »
Gaston BACHELARD
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