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Sujet : Faire l'histoire, est-ce juger le passé ?

Extrait du corrigé : Pour lui, la réalité historique est « équivoque et inépuisable ». Valéry dit que l'histoire « justifie ce que l'on veut ». Dans sa richesse hétéroclite, il y a toujours de quoi justifier n'importe quelle position a priori de l'historien. L'historien se projette dans l'histoire avec ses valeurs et ses passions. Il ne saurait survoler l'histoire, la constituer du point de vue de Sirius, car il est homme lui-même, il vit dans l'histoire, il appartient à une époque, à un pays, à une classe sociale. Il est lui-même prisonnier du cours de l'histoire. L'histoire science (l'  « Historie » disent les Allemands) est un acte de l'historien et cet acte lui-même un événement historique, il appartient à la réalité historique (« Geschichte »). C'est pourquoi toute science historique, elle-même moment de l'histoire, serait condamnée à une relativité, à une subjectivité irrémédiable : « La conscience de l'histoire est une conscience dans l'histoire. »          Ceci exclut toute possibilité de tirer de l'histoire des « leçons ». Car l'historien ne tire pas sa philosophie ou sa morale de ses connaissances historiques.

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Définitions

  • histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.
  • passé : Dimension du temps écoulé dans son irréductible irréversibilité. D'ordre biologique, pulsionnel, social, historique ou psychologique, le passé pèse sur l'homme dans le sens du déterminisme, mais, il structure aussi activement la personnalité sans laquelle la liberté serait impossible ou illusoire. La liberté qui peut d'ailleurs s'exercer à l'égard du passé lui-même, dans la mesure où le sens accordé au passé reste du choix de l'individu (cf. Sartre). Par sa nature même, la connaissance du passé humain reste, selon les cas, occultée, aléatoire, partielle, subjective, soumise au moment social; elle laisse ainsi souvent une marge d'indétermination propice aux illusions et à l'action de l'imaginaire.

Problématique

Nous avons coutume, lorsque nous considérons des actes humains, de leur attribuer une valeur, de les juger comme bons ou mauvais, justes ou injustes, lâches ou courageux. Cela vaut-il également pour les actes que nous étudions lorsque nous faisons de l'histoire? Cette recherche consiste-t-elle à juger le passé?
 Après avoir examiné les motifs qui nous incitent à juger le passé, nous nous demanderons si cette attitude correspond véritablement à la démarche de l'historien; enfin nous nous demanderons s'il est véritablement possible de penser une approche historique objective au point de suspendre tout jugement.
 



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