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Extrait du corrigé : Mais les deux une fois montées, celle de Phidias parut seule réussie et Alcamène perdit le concours. Ces déformations destinées à compenser les effets d'optique étaient courantes dans l'architecture, la sculpture et la peinture grecques: ainsi le renflement vers le bas des colonnes des temples qui, si elles avaient été des cylindres réguliers auraient paru s'évider; ainsi les formes elliptiques pour remplacer les formes circulaires et maintenir malgré la distance l'illusion de cercles. La tendance illusionniste de la peinture grecque (dont très peu d'oeuvres nous sont parvenues) était célèbre, comme en témoigne l'anecdote des raisins peints par Zeuxis: ils auraient eu une apparence si naturelle qu'ils auraient trompé les pigeons qui seraient venus les picorer. Platon veut lutter contre cette tendance, de plus en plus relativiste et naturaliste en même temps, de l'art. Opposant sans les nommer dans ce dialogue l'art égyptien et l'art grec, il distingue dans le « Sophiste » (235 d-236 c) deux formes de « l'art imitatif »: d'un côté «l'art de la copie » (eikastikè technè), de l'autre « l'art du simulacre » (phantastikè technè). D'un côté, il s'agit d'un art qui produit une image ressemblante, comparable (eikastos), du modèle, c'est-à-dire «qui reproduit les proportions (longueur, largeur, profondeur) et donne à chaque partie les couleurs appropriées ». De l'autre côté, il s'agit d'un art qui a renoncé « à reproduire les proportions véritables des belles formes ». Il ne reproduit pas « les proportions véritables, mais celles qui paraissent belles ». Il repose sur l'illusion ou sur l'imagination (phantastikos). Alors que l'art grec est soumis à la doxa, c'est-à-dire à l'opinion, qui se contente de l'apparence, relevant ainsi de l'art du simulacre, l'art de la copie respecte l'essence du modèle; il le reproduit tel qu'il est en lui-même, sans se soucier de l'aspect sous lequel il apparaîtra.
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