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EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- seulement : * Sans rien ou personne de plus que ceux qui sont indiqués : Il est resté deux jours seulement. * À l'exclusion de toute autre chose : J'ai fait cela seulement pour lui rendre service. * Marque l'opposition, la restriction : Je voudrais bien y aller, seulement je n'ai pas le temps.
- être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
- bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.
Extrait du corrigé : Le souci de soi doit donc aussi ménager un oubli de soi, c'est-à-dire que le sujet doit parfois savoir entrer de plain pied dans le réel et se heurter aux résistances qu'il rencontre : le réel est garantie par celle-ci, autrement dit faire l'épreuve du réel c'est aussi faire l'épreuve de l'échec. A chacun d'apprendre à faire quelque chose de son rapport, même manqué, à la réalité. Sans souscrire littéralement à la dialectique de la reconnaissance thématisée par Hegel on peut y lire un fonds de vérité : l'existence n'est censée que si le sujet c'est confronté à un minimum de risques (le risque de mort chez Hegel). Mais il est aussi pathologique de se garder à tout prix du risque que de ne se sentir exister qu'à travers le risque, une telle attitude est tout autant complaisante et morbide que la première. Le souci de soi est pur aveuglement s'il ne consiste qu'en la visée du bonheur ; exister comme le dit Heidegger c'est exister sur le mode de la séparation de soi à soi (ek-sister), c'est-à-dire que l'existence humaine est versée dans son autre, tournée vers le monde. Exister c'est non pas se complaire dans le bonheur mais être à soi même son propre projet, ne jamais finir de se réaliser. Le souci de soi doit donc être aussi la visée d'une existence telle qu'elle ne fasse pas l'économie des difficultés. Autrui peut être une figure de mon propre souci : soit que par l'amour ou la sympathie (ou encore la pitié rousseauiste) le souci de l'autre devienne le mien, soit que à travers la figure de l'autre j'essaie de comprendre quelque chose de moi-même. Par exemple dans Signes Merleau-Ponty analyse l'attirance des hommes pour le fait divers : moins qu'une préoccupation morbide et voyeuriste (ce qu'elle est également) il y voit un thème du souci de l'existence. En effet, à travers la petite histoire d'autrui c'est un fantôme de la mienne qui se présente à moi.
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Le corrigé du sujet "Le souci de soi recommande-t-il seulement d'être heureux ?" a obtenu la note de : aucune note
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Le souci de soi est-il rivé à la seule visée de l’extase pour soi ? Se soucier de soi est-ce seulement vouloir la plénitude ? Un tel lien n’est il pas trop exclusif ? Le souci de soi ne recommande t-il pas tout autant de sortir de soi, de s’ouvrir au monde et à autrui ? Le souci de soi devrait donc concilier à la fois la plénitude (être heureux) et aussi le manque, en effet par l’épreuve du manque (du réel en tant qu’il me résiste), je fais l’épreuve de l’existence, c'est-à-dire de la vie telle me sépare de moi-même. Le souci de soi ne saurait me recommander la seule extase, sauf à sacrifier le réel au profit du seul désir.
Montaigne, Essais
A quoi nous sert cette curiosité de préoccuper [ = prévoir] tous les inconvénients de l'humaine nature, et nous préparer avec tant de peine à l'encontre de ceux même qui n'ont à l'aventure point à nous toucher ? [. ..] Non seulement le coup, mais le vent et le pet nous frappent. Ou comme les plus fiévreux, car certes c'est fièvre, aller dès à cette heure vous faire donner le fouet, parce qu'il peut advenir que fortune vous le fera souffrir un jour, et prendre votre robe fourrée dès la Saint-Jean parce que vous en aurez besoin à Noël ? « Jetez-vous en l'expérience des maux qui vous peuvent arriver, nommément des plus extrêmes : éprouvez-vous là, disent-ils, assurez-vous là. Au rebours, le plus facile et plus naturel serait en décharger même sa pensée. Ils ne viendront pas assez tôt, leur vrai être ne nous dure pas assez ; il faut que notre esprit les étende et allonge et qu'avant la main il les incorpore en soi et s'en entretienne, comme s'ils ne pesaient pas raisonnablement à nos sens. « Ils pèseront assez quand ils y seront, dit un des maîtres, non de quelque tendre secte, mais de la plus dure [école épicurienne]. Cependant, favorise-toi ; crois ce que tu aimes le mieux. Que te sert-il d'aller recueillant et prévenant ta mâle fortune, et de perdre le présent par la crainte du futur, et être à cette heure misérable parce que tu le dois être avec le temps ? [...] Il est certain qu'à la plupart, la préparation de la mort a donné plus de tourment que n'a fait la souffrance. Il fut jadis véritablement dit, et par un bien judicieux auteur : minus afficit sensus fatigatio quam cogitation * Le sentiment de la mort présente nous anime parfois de soi-même d'une prompte résolution de ne plus éviter chose du tout inévitable. Plusieurs gladiateurs se sont vus, au temps passé, après avoir couardement combattu, avaler courageusement la mort, offrant leur gosier au fer de l'ennemi et le conviant. La vue de la mort à venir a besoin d'une fermeté lente, et difficile par conséquent à fournir. Si vous ne savez pas mourir, ne vous chaille [ndé : ne vous en souciez pas], nature vous en informera sur-le-champ, pleinement et suffisamment ; elle fera exactement cette besogne pour vous ; n'en empêchez votre soin [ne vous en embarrassez pas]. [...] Nous troublons la vie par le soin de la mort, et la mort par le soin de la vie. L'une nous ennuie, l'autre nous effraie. Ce n'est pas contre la mort que nous nous préparons ; c'est chose trop momentanée. Un quart d'heure de passion sans conséquence, sans nuisance, ne mérite pas de préceptes particuliers. A vrai dire, nous nous préparons contre les préparations de la mort.
Aristote
Nous concevons d'abord le sage comme possédant la connaissance de toutes les choses, dans la mesure où cela est possible, c'est-à-dire sans avoir la science de chacune d'elles en particulier. Ensuite, celui qui est capable de connaître les choses difficiles et malaisément accessibles à la connaissance humaine, on admet que celui-là est un sage (car la connaissance sensible étant commune à tous les hommes, est facile, et n'a rien à voir avec la Sagesse). En outre, celui qui connaît les causes avec plus d'exactitude, et celui qui est plus capable de les enseigner sont, dans toute espèce de science, plus sages. De plus, parmi les sciences, celle que l'on choisit pour elle-même et à seule fin de savoir, est considérée comme étant plus vraiment Sagesse que celle qui est choisie en vue de ses résultats. Enfin une science dominatrice est, à nos yeux, plus une sagesse que la science qui lui est subordonnée : ce n'est pas, en effet, au sage à recevoir des lois, c'est à lui d'en donner ; ce n'est pas lui qui doit obéir à autrui, c'est à lui, au contraire, que doit obéir celui qui est moins sage.
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